Update News n°18 : Le Grand ménage en Arabie Saoudite fera-t-il peur à Wall Street ?

Rédigé le 10 novembre 2017 par | Alertes Imprimer

Le Grand ménage en Arabie Saoudite fera-t-il peur à Wall Street ?

 

https://cdn.publications-agora.com/services/BCO/images/philippe_bechade.pngCher lecteur,

La consolidation que personne n’a vu venir (enfin, si Gilles l’avais anticipé dès vendredi dernier) s’enclenche sur l’ensemble des marchés financiers alors que les opérateurs célébraient encore jeudi matin le 1er anniversaire du « Trump trade » qui a propulsé le Nasdaq Composite +30% plus haut (+36% pour le Nasdaq 100).

Quasiment aucun pullback de plus de 1% ne s’était matérialisé depuis le 11 août dernier (près de 13 semaines) et tous les voyants étaient encore au vert quelques heures plus tôt, avec un VIX testant les 9,50, traduisant donc une complaisance totale des investisseurs.

Ils auraient dû se méfier : la volatilité a explosé à Tokyo ce vendredi matin (900 points d’écart en séance, soit 4% quand même !) même si tant d’effervescence a été immédiatement canalisé en séance et que finalement, tout est rentré dans l’ordre avec une clôture anodine à -0,2%. Circulez, y’a rien à voir !

Il faut avouer que la cause de cette soudaine dissipation de la douce euphorie qui régnait depuis fin août ne saute pas aux yeux.

Certains spécialistes invoquent l’incertitude concernant le calendrier de la mise en oeuvre de la réforme fiscale de Trump (les mêmes rumeurs invoquant un report à 2019 qui circulaient mercredi soir n’avaient pourtant pas empêché Wall Street d’aligner un 27ème record).

D’autres, dont nous faisons partie, soulignent que les marchés font preuve d’un autisme militant face à la montée des tensions au Proche Orient : elles sont reléguées au rang d’épiphénomène local alors qu’un basculement politique majeur est en train de s’opérer en Arabie.

Les marchés sont-ils en train d’intégrer le risque géopolitique ?

Oui, ce risque géopolitique pourrait bien faire basculer l’équilibre des forces au Proche-Orient. Il s’est matérialisé les 4 et 5 novembre par la désintégration du système historique des tribus en Arabie Saoudite. Alors qu’elles ont toujours cohabiter en se répartissant richesse et pouvoir, le régime autocratique centré autour du prince héritier Bin Salmane vient de faire « le grand ménage ». Il vient d’éliminer et de mettre sur le banc de touche (enfin, de prison) ces factions princières qui pouvait représenter un contre-pouvoir politique (lignées princières et ministres appartenant à des tribus désormais traitées comme rivales), économique et financier (neutralisation des hommes d’affaires les plus influents et non ralliés à l’héritier du trône) puis militaire (chefs d’état-major limogés et remplacés par des cadres favorables à la poursuite de la guerre au Yémen et ouvertement hostiles à l’Iran).

La campagne anti-corruption dont Bin Salmane s’est auto-proclamé « commandant en chef » a conduit à l’arrestation et au gel des avoirs de 11 princes et de 38 ministres (montant estimé de 800 M$), dont le prince Al-Waleed bin Talal, l’ex-prince héritier Bin Nayef (écarté du trône en début d’année), sans oublier la mort « accidentelle » du prince Mansour bin-Muqrin (le fils de l’ex-chef des services secrets saoudiens) qui aurait péri dans un accident d’hélicoptère près de la frontière yéménite en début de semaine, et le prince Abdul Aziz bin Fahd, tué pendant un échange de tirs durant son arrestation.

Quarante-huit heures auparavant, le prince Bin Salmane avait lancé une opération séduction destinée aux Occidentaux avec le projet d’une Arabie moderne (pas une femme voilée dans le clip), tournant le dos au Wahhabisme (le mouvement dont se réclament Al Quaida et Daesh).

La convergence est désormais totale de la diplomatie américaine et de celle du royaume saoudien concernant le dossier iranien.

Mais la convergence est tout aussi parfaite avec la position israélienne vis à vis de l’influence iranienne et de son expansion en Syrie, en Irak et surtout au Liban qui devient le point focal des trois diplomaties (Israël, Etats-Unis, Arabie).

Les trois pays font simultanément pression sur l’ONU pour qu’elle sanctionne le soutien de l’Iran au Hezbollah dont les manoeuvres d’influence au sein de parlement libanais. Excédée par l’influence du Hezbollah au Liban, Riyad chercherait à affaiblir le pays, et serait donc à l’origine de la démission surprise (précédée de menaces de mort, ce qui aide à prendre une décision) du ministre libanais Saad Hariri, qu’il a annoncée lors de son déplacement à Riyad le week-end dernier. Le rapport ? eh bien Riyad, toujours à cause d’histoire de famille, avait donné le passeport saoudien à Saad Hariri et fait en sorte de le placer au gouvernement libanais afin d’équilibrer la présidence pro-iranienne de Michel Aoun au Liban. A présent démissionné, l’Arabie Saoudite cherche à placer un de ses pions au Liban.

Preuve de l’ambiance cordiale qui règne depuis quelques jours au Proche-Orient, Bin Salmane a demandé à tous les citoyens saoudiens résidant au Liban de quitter le pays et de regagner l’Arabie : ceux qui ne s’exécuteront pas pourraient être convaincus de complaisance envers le Hezbollah –  ce qui équivaut à de la haute trahison… Ambiance !

L’ONU en revanche ne subit guère de pressions internationales pour enjoindre l’Arabie Saoudite et les Émirats à stopper les bombardements et le blocus du Yemen, un pays martyr où sévit une des pires famines et pénuries de médicament depuis la crise du Darfour ou le Biafra (une province du Nigeria où se joua une guerre atroce pour le contrôle de la production pétrolière dans les années 70). Le Yémen a réussi à expédier un premier missile (depuis le début du conflit) à travers l’espace aérien saoudien : il a été intercepté (abattu) et Riyad s’est empressé de le déclarer de fabrication iranienne… puis de dénoncer un « acte de guerre » commandité par Téhéran.

Les mots ont une signification mais les marchés financiers sont anesthésiés par la morphine monétaire. La neutralisation de toute opposition interne (au prétexte de lutte anti-corruption) orchestrée par le prince Bin Salman semble avoir été interprétée avec la même tranquillité d’esprit que s’il s’agissait d’une manifestation du folklore politique local.

Il semblerait que le Quai d’Orsay et l’Élysée commencent à s’en préoccuper sérieusement puisque Emmanuel Macron, actuellement en visite officielle aux Émirats arabes unis, a effectué un crochet par Riyad (non prévu à l’agenda) afin de discuter « de la stabilité régionale, de l’intégrité du Liban et de la lutte contre le terrorisme ».

D’autres qu’Emmanuel Macron – et nous ne cessons d’attirer votre attention sur la montée des tensions saoudo-iraniennes par Yémen et Liban interposé, avec la bénédiction de Donald Trump et des néoconservateurs du Congrès et du Pentagone – s’en préoccupent probablement depuis fin juin puisque le pétrole a repris près de 30% et s’affranchit de la résistance des 54 $.

Peut-être devrions nous chasser les sombres nuages géopolitiques pour justifier cette hausse du pétrole par la « croissance mondiale coordonnée et en accélération constante en 2017″… Mais quel que soit le motif d’un éventuel débordement des 62,5$, gardons bien à l’esprit qu’au-delà de ce seuil, il n’existe aucune résistance pouvant empêcher le baril de WTI d’atteindre les 85 $, l’ex-plancher de juin 2012.

Il ne faudra pas longtemps aux marchés pour remettre en cause les anticipations d’inflation et réévaluer la stratégie des banques centrales, avant même qu’elles ne se réjouissent de voir le spectre de la déflation s’éloigner définitivement (quel succès… comme quoi, le QE ça marche au bout de 8 ans !).

Cela, c’est la version rose du scénario : une hausse de taux rendue nécessaire par une économie qui va encore mieux qu’espéré… Mais alors, le marché sous-estime le risque d’éclatement des bulles obligataires et les conséquences d’une érosion soudaine de la prime de risque sur les actions !

L’autre version, moins rose, c’est… la mondialisation du conflit. L’envolée du pétrole liée à la crainte d’un conflit majeur entre les deux puissances régionales rivales du Proche-Orient, et d’une guerre par procuration entre la Russie (qui soutient l’Iran – un des principaux fournisseur d’énergie de la Chine) et les Etats-Unis qui soutiennent l’Arabie et Israël… sans oublier le Qatar mis à l’index par l’Arabie Saoudite (Doha étant soutenu par la troisième grande puissance sunnite régionale, la Turquie qui vient de se rapprocher diplomatiquement de Moscou depuis la défaite de l’Isis).

Là encore, risque majeur de correction… sauf sur le pétrole, l’or et l’argent, les matières premières, et la Russie !

Bien à vous Philippe

PS : tout s’accélère en Arabie: le Roi Salmane pourrait abdiquer en faveur du Prince in Salmane sous 48H, une semaine après le début de la purge !

 

Préparez-vous a renforcer votre position sur la hausse du dollar

 

https://cdn.publications-agora.com/services/BCO/images/GLeclerc.pngCher lecteur,

 

Lettre BCO n°1 Russie – en avant toute ? 

En ce qui concerne la position sur la Russie, j’ai trois nouvelles pour vous ; deux bonnes et une mauvaise.

La première bonne nouvelle, c’est que notre tracker continue inlassablement sa progression. La mauvaise, c’est que notre tracker continue inlassablement sa progression.

Explications : depuis notre point hebdomadaire du 20 octobre (Update N°16) j’espérais une petite consolidation afin de pouvoir (enfin) nous renforcer. Pour tout vous dire, j’aurais bien aimé un retour sur la MM150 périodes.

Mais de consolidation, nous n’en avons pas eu. Tout juste un petit hoquet vers fin Octobre, mais qui est aussi vite parti qu’il était venu.

Alors nous ne nous sommes pas renforcés. Se renforcer sur des plus hauts n’est pas ce que l’on fait de plus malin en matière de trading (généralement c’est quand on essaye de le faire que le mouvement se met à consolider…). Et d’autre part (surtout) cela aurait pour effet de détériorer notre prix moyen d’achat qui pour le moment s’établit à a 10,27€.

Dans cette lettre, comme pour mes transactions personnelles, je cherche surtout à bâtir des positions qui sont facilement défendables et sécurisées au maximum. C’est à dire pour lesquelles le niveau de stop permet de ne pas perdre – ou alors très peu.

Ce qui m’amène à la deuxième bonne nouvelle : Nous pouvons maintenant remonter le Stop Initial (« S-I ») qui se situait vers 9,30 € à 10.00 € (« S » sur le graphe), soit quelques cents sous notre point d’achat pondéré. À partir de maintenant, nous avons donc un risque de 3%  pour un potentiel théorique d’environ 35% ! j’adore ce genre de trade !

 

MON CONSEIL : conservez et remontez le stop à 10€

 

Lettre BCO n°6 : Hausse du secteur Oil&Gaz  

Tout chaud, tout frais, vous avez découvert dans le dernier numéro le plan de trade visant à jouer un rebond du pétrole via le tracker Lyxor Stoxx Europe 600 Oil & Gaz (FR001344960- Oil)

J’avais décidé de temporiser et d’attendre une consolidation avant de prendre position. Car même si la tendance était bien établie, il me semblait que les prix avaient commencé à arriver en zone de surchauffe sous une zone de résistance potentielle.

Le pétrole a accéléré à la hausse pour les raisons géopolitiques dont Philippe vient de vous parler…. Et nous ne sommes pas entrés sur le trade. Avec une semaine de recul, je pense que c’est quand même une bonne décision de ne pas être rentrés.

 

La résistance potentielle (« P ») était très proche ; les prix viennent de l’atteindre. Dans le même temps, les indicateurs de momentum (SMI) sont très surachetés (pastille orange) et l’indicateur de tendance MACD se met en position de divergence baissière sous ladite zone de résistance.

Rajoutons à cela que l’analyse en chandelier japonais me fait craindre un essoufflement de la hausse.

Donc, je pense que nous allons avoir un signal de la consolidation bientôt et que nous pourrons alors en profiter pour acheter. J’attendrais que le Brent revienne autour des 58 $.

Concernant le Gaz, rappelez-vous que j’anticipais une sortie haussière du triangle de compression. Eh bien c’est chose faite (pastille verte), et il risque d’y avoir là aussi un pull back ne serait-ce que technique.

MON CONSEIL SERA DONC : temporiser et attendre le développement imminent d’une consolidation. Je vous enverrai un email si vous devez acheter.

 

Lettre BCO n°4 : rebond du Dollar Index

Le dollar index (et notre tracker ProShare Dollar Index UUP (US73936D1072 – UUP) continue son chemin à petits pas. C’est normal que la progression se fasse lentement car nous jouons sur un panier de devises ce qui a (heureusement) pour effet de pondérer et lisser les écarts.

Mais pour l’instant – nous sommes dans le bon sens et donc rien de spécial à signaler si ce n’est que les prix se trouvent confrontés au passage de la MM 150 périodes et que ça risque de chahuter un petit peu lors de cette confrontation. Mais rien de grave à priori.

MON CONSEIL : Conservez tranquillement !

 

Lettre BCO n°5 Chine

Ici, c’est à la fois très clair et plus compliqué.

Ce qui est clair, c’est que l’indice CSI 300 est en train de s’affranchir de la résistance visuellement identifiable par le rectangle horizontal rouge. Ce qui est clair aussi, c’est que l’indice accélère à la hausse en sortie d’un canal pourtant déjà haussier (le vert de moyen terme). Tout ceci est bien excessif !

À voir le comportement et l’évolution des cours, il est évident que pour le moment nous optons pour le statu quo. Si l’exagération haussière se poursuit, alors vers 4.200 pts, une correction devrait se mettre en place. Mais pour l’instant, pas touche !

MON CONSEIL : on temporise et on observe !

 

Sinon, les premiers signes de craquement sur le Nasdaq viennent peut-être d’apparaitre. Je surveille tout cela de près, et je vous fais signe au besoin dans les jours prochains pour prendre position…. Surveillez vos emails !

 

Bon week-end ! Gilles

 

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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